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Utilise Ta Voix

La lutte pour l’accès à l’information sur les droits sexuels et reproductifs est un acte quotidien, sans relâche et censé atteindre toutes les cibles principales. C’est selon cette conviction que l’ONG Filles en Actions (après avoir fait de 100 Zémidjans des acteurs engagés pour la Justice Reproductive quelques jours auparavant) a posé ses valises à Tori-Bossito pour l’activité WA DOXAMI DO YONNUZANGBE.
Autour d’une table, vingt-deux mères et parentes d’élèves ou d’enfants en situation d’apprentissage ont répondu présentes pour des discussions franches sur leur place dans l’éducation relative aux DSSR de leurs enfants. Mais également, pour aborder sans détour un sujet encore tabou et hautement controversé : L’Interruption Volontaire de Grossesse sécurisée.
Le poids du silence
Parler de sexualité, de droits reproductifs, d’avortement sécurisé en 2025 reste un acte de courage. Encore plus lorsqu’il s’agit d’aborder ces sujets entre parents et enfants. Les uns craignent que ces discussions poussent à plus de curiosité, les autres eux, craignent des réactions indésirables. Cet état de choses illustre parfaitement la désinformation des jeunes à laquelle on assiste aujourd’hui en matière de Santé Sexuelle et Reproductive et plus encore, dans les communautés rurales. Et les décisions non-éclairées qui en découlent.
Les chiffres sont sans appel. 200 femmes décèdent chaque année des suites d’un avortement clandestin. Plus de 15% des décès maternels au Bénin y sont liés. Derrière ces chiffres, ce sont des parents déçus, des finances sur plusieurs années qui tombent à l’eau, des parcours d’éducation ou d’apprentissage interrompus. Lors de la rencontre WA DOXAMI DO YONNUZANGBE, les mères parents d’élèves ont partagé avec leurs paires et Filles en Actions plusieurs histoires sur les histoires d’avortements clandestins à Tori-Bossito et environs.

Une loi, un espoir : la SR-2021
En 2021, le Bénin a adopté une loi progressiste, complétive et modificative : Celle 2021-12 relative à la santé sexuelle et à la reproduction. Cette dernière encadre l’accès à l’IVG sécurisé dans quatre conditions précises. La vulgarisation de loi SR 2021-12 est le motif principal des initiatives de la Campagne DOXAMI.
Avec les 22 mères présentes, lesdites conditions d’accès ont été parcourues. Quelles sont ces dispositions conditions ? Qu’en ressort-il ? Par qui le soin doit être fourni ? Dans quelle limite de durée ? La loi fut décortiquée en parfaite synergie et interactions avec les femmes et les modérateurs de la séance : Mme Emeline HOUNKANRIN, Gestionnaire de la ligne d’assistance et d’orientation Sista, dis-moi tout et M. Pacôme METHONOU, Allié féministe et Chargé de Protection - Sécurité et Logistique à Filles en Actions.
Mais avant, un test de connaissances et une séance de CVTA (Clarification des Valeurs pour la Transformation des Attitudes) pour jauger le niveau de déconstruction des femmes sur le sujet a été fait. Les avis étaient divers : criminalisation totale de l’avortement, déconstruction partielle ou déconstruction approfondie.

Nos mères déconstruites et relais de changement
L’objectif ? Faire des mères des actrices du dialogue, et non des gardiennes du silence.
« C’est désormais notre tour de faire circuler la bonne information à Tori-Bossito. Filles en Actions n’aura plus à revenir pour des formations, mais pour des suivis et pour remarquer le formidable travail qu’on aura abattu ici, auprès de nos paires. », dixit Mme LOGBO, Femme Leader de Tori-Bossito.
L’impact s’est immédiatement fait ressentir. C’était là l’objectif de cette rencontre. Faire de 20 mères de Tori-Bossito, des actrices du dialogue parent-enfant, capables de tenir des discussions sur la sexualité, la reproduction, les méthodes de protection avec leurs enfants et d’autres jeunes. Ensuite être dans la possibilité de convaincre par des arguments plausibles leurs paires d’agir pareillement. C’est une véritable révolution douce. Le sentiment de légitimité d’aborder de tels sujets en communauté.
WA DOXAMI DO YONNUZANGBE contribuera à :
Des informations justes diffusées dans les familles
Moins de grossesses non désirées ou non intentionnelles, car le silence sur la contraception brisé.
Plus aucun recours aux avortements à risques Sur le long terme, l’impact espéré est encore plus ambitieux.

Le féminisme, c’est cela : CHANGER - TRANSFORMER
À Tori-Bossito, WA DOXAMI DO YONNU ZANGBE prouve que le changement et la révolution que nous ambitionnons ne viendront pas que des communautés urbaines mais également de celles rurales. Les marchés, les cercles de paroles entre femmes, à la maison. Parce qu’au fond, aborder ces sujets est synonyme de se sentir libre. Et toute femme informée de ses droits et qui informe de manière responsable contribue à une meilleure situation de la Justice Reproductive dans le monde.
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Utilise Ta Voix
Booker le média Utilise ta Voix
UTILISE TA VOIX, le média féministe de l’ONG Filles en Actions, crée des contenus riches et engagés pour sensibiliser, informer et donner la parole aux filles, jeunes femmes, adolescents et communautés engagées, en valorisant leurs histoires et expériences.

